Enjeux de la mastérisation voulue par V. Pécresse et autres
Avis de Jean-Luc Nardone (Enseignant dans le supérieur )
Publié le 22 mai 2009 sous la référence : 2010003
Je signale tout d’abord que ma contribution recoupe deux catégories sus-nommées la formation et le recrutement des enseignants. Je suis prof d’italien à l’Université de Toulouse II-Le Mirail, responsable de la préparations aux Capes et Agrégations internes et externes, 4 ans passées au jury de l’agreg externe et 18 ans au Mirail.
Sur la "mastérisation" des concours, quel est l’inacceptable ?
1. Un master métier de l’enseignement conduira inéluctablement des étudiants a obtenir ce master (sans doute 80% comme partout ailleurs) ET à rater le concours (80% aussi vu le nombre de postes). On aura donc un formidable vivier de gens qui auront raté le concours mais dont le ministère se fera fort de nous dire qu’ils sont aptes à enseigner vu qu’ils auront eu ledit master. Et de là , une masse de précaires errant d’un établissement à l’autre pour boucher les trous. Et comme cette situation sera intenable, on nous annoncera la suppression des concours (puisque c’est une "exception française" !!).
2.Il est très important que Capes/CRPE et d’autre part agrégation ne soient pas au même niveau d’études. Car sinon, là encore, il n’y aura plus aucune justification pour le maintien de ces deux concours distincts pour le secondaire, alors que l’agrégation est un objectif d’amélioration de carrière très utile.
3. Comme de nombreux étudiants modestes passent le Capes PUIS l’agrégation, il est inacceptable que ces deux concours s’inscrivent dans des filières étanches comme le prévoit le projet ministériel.
4. Sur le contenu des concours, il doit être très NETTEMENT disciplinaire, parce que s’il est certain que le métier d’enseignant est un métier qui s’apprend, la connaissance disciplinaire est une "force" qui donne à l’enseignant quelques certitudes. Enseigner oui. enseigner bien, oui. Mais enseigner quelque chose aussi ! Or la réduction du nombre des épreuves au Capes et la dégradation des contenus prévus pour l’oral n’est pas tolérable.
Que peut-on proposer ?
Si je suuis totalement d’accord avec l’idée d’un passage du niveau à bac+5, une SEULE vraie bonne soluion :
pour tous les futurs enseignants, un Master 1 recheche obligatoire qui renforce le disciplinaire.
PUIS deux cas : ou bien M2 recherche, ou bien M2 "PREPARATION aux concours Capes/PRCE". Je dis bien "préparation" et rien d’autre. Puis tout de suite après, pour les lauréats, le stage rémunéré.
Pour l’agreg, passage du concours après obtention du M2 recherche OU OBTENTION DU Capes.
Mots-clés associés :
concours - disciplines - master - recherche - stages