États généraux de la formation enseignante : respecter l’exercice du métier dans sa diversité
Dépêche n°120226 - Cécile Peltier - Lundi 28 septembre 2009
« A l’exception des agrégés qui peuvent conserver leur spécificité, aucune contribution ne propose le ’décrochage’ de la formation de tel corps d’enseignant (PE ou PLP) par rapport à tel autre : le master doit être la norme sur laquelle doit se fonder la reconnaissance sociale et salariale de la formation initiale pour tous les enseignants de la maternelle à la classe terminale », résume le comité de pilotage des États généraux de la formation enseignante dans sa synthèse, présentée officiellement mardi 29 septembre 2009 (AEF n°114744). Le master, cependant, n’implique pas forcément le même parcours de formation pour tous. Sans déroger au principe de concours, les participants envisagent « des modes d’accès différents au métier », en particulier pour les professeurs des écoles.
Conduite entre le 18 mai et le 3 juillet 2009, par la CDIUFM, la CDUS et la CDUL avec le parrainage de la CPU, la consultation en ligne doit fournir des pistes concrètes sur la mise en oeuvre de la réforme. En voici les principaux éléments.
Une formation spécifique pour les professeurs des écoles
La formation des professeurs des écoles fait l’objet de contributions particulièrement « vives » de la part des participants qui s’inquiètent à l’idée de voir imposer aux futurs enseignants un « parcours mono-disciplinaire ». Une tendance initiée selon certains par la création des IUFM en 1989, qui en instaurant un recrutement niveau licence a privilégié la formation dans une seule discipline.
L’intégration des IUFM et maintenant la réforme de la formation enseignante (masterisation) confortent l’idée d’un modèle du second degré, « plaqué » sur le premier degré « sans aucun recul politique ».
Certains contributeurs vont plus loin en proposant pour les PE la création d’une filière de formation spécialisée de deux - voire de trois années. Cette formation commençant dès le L3 serait pluridisciplinaire, professionnelle (didactique et pédagogie spécifiques au premier degré) et avec des objets de recherche en lien direct avec l’école primaire. Pour éviter le risque d’une « filière ghetto » avec très peu de possibilités de validation de la formation en cas de réorientation professionnelle, les participants suggèrent l’instauration d’une sélection à l’entrée de la filière.
Une filière spécifique pour l’enseignement professionnel
Les contributions concernant l’enseignement professionnel, « peu nombreuses », plaident globalement en faveur d’une filière spécifique dans le cadre d’un master « enseignement et formations professionnelles ». Objectif : « affirmer l’unité du corps des PLP », subdivisés en trois catégories :
« les PLP des disciplines générales, bivalents, ayant trop souvent accédé au corps des PLP par ’déficience’, c’est-à -dire suite à échec(s) à un Capes dans l’une des disciplines de leur bivalence ;
les PLP des disciplines professionnelles en lien avec les disciplines technologiques, parfois issus du monde professionnel, mais de plus en plus recrutés parmi les étudiants qui n’ont aucune connaissance du monde professionnel et pour lesquels un stage lourd en entreprise est incontournable ;
les PLP des disciplines professionnelles en lien direct avec les métiers (coiffure, carrosserie, boucherie, conducteur routier,…) qu’il est difficile de positionner dans le système universitaire. »
Rapprochements par cycles
Selon le comité de pilotage, les contributeurs, dans leur majorité, ne contestent pas l’existence de l’agrégation. Au contraire, ils proposent de légitimer sa spécificité en réservant aux agrégés l’enseignement au lycée ou au post-bac, et en renforçant le lien formation-recherche.
Certaines contributions dépassent l’idée d’une formation fondée sur le corps d’appartenance en proposant au contraire des rapprochement par cycles - par exemple entre des enseignants de cycle trois de l’école primaire et des enseignants de collège.
Trois voies d’accès
Enfin, parmi les différentes propositions, le comité de pilotage retient celle des trois voies d’accès aux concours :
un pré-recrutement dès la licence avec une entrée dans une « école professionnelle » comme l’IUFM offrant une préparation renforcée et un master professionnel.
un concours s’appuyant essentiellement sur épreuves disciplinaires en lien avec les programmes scolaires, puis une formation plus poussée après le concours, avec peu d’heures de cours en responsabilité et une formation professionnelle importante.
des concours « disciplinaires » et une formation post-concours avec travail sur un mémoire professionnel pour les candidats en reconversion (VAE).
