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Vers un Chemin Risqué et Plein d’Embuches ?

Avis de Anonyme (mère de famille )

Publié le 20 mai 2009 sous la référence : 2010004

Je savais déjà qu’étudier rimait bien souvent avec une bonne capacité d’abnégation d’une vie sociale pleine de plaisirs conviviaux. Je savais aussi qu’étudier était jumélé avec des heures de travail nocturnes. Je n’avais pas encore pris la mesure du fait qu’avoir le droit d’étudier allait prochainement renvoyé à de longues heures d’inquiétudes nocturnes... Le verdict vient de tomber pour moi aujourd’hui : ma demande de congé individuel de formation m’est refusée faute de... budget. Et c’est bien au budget que fait écho, pour moi, cette réforme. Dette publique avoisinant les 75% du PIB, nécessité de réduire le nombre de fonctionnaires ; comment ne pas lié ces éléments avec la suppression de l’année de PE2 financée par l’Etat auprès des lauréats du CRPE devenus fonctionnaires-stagiaires ? En conclusion avant d’accéder à l’emploi stable et durable de professeur des écoles, il s’agira de financer cinq année après le bac et de faire partie des "heureux gagnants".

Aussi, aux étudiants encore à la charge de leur famille, je leur écris "à l’heure où le chômage se répand, priez que vos parents soient épargnés et qu’ils puissent financer cinq années post-bac sans certitude d’emploi stable au bout" : un candidat sur quatre obtenant le CRPE en moyenne ! Sachant qu’en cas de parcours sans échec, cela représente une entrée dans la vie active à 25 ans et que les cotisations retraits sont de 42 ans vous devriez finir votre carrière à...67 ans !

Aux étudiants autonomes et effectuant divers petits boulots, je leur rappellerait que le niveau monte. Aux dires de certains enseignants d’IUFM, il était déjà difficile de se préparer au CRPE tout en travaillant, la situation risque de se corser. Le gouvernement annonce la création de bourse. Porte, fenêtre ou trou de souris ? Les étudiants de plus de 28 ans ne peuvent plus bénéficier des bourses nationales sur critères sociaux. Quant aux bourses au mérite seront-elles déconnectées des bourses sur critères sociaux, impliqueront-elles également une limite d’âge ? Il risque fort que la demande dépasse amplement l’offre.

Aux salariés désireux d’évoluer vers la catégorie des cadres, je leur rappelle qu’il leur faudra déjà obtenir un cngé individuel de formation et que ce n’est pas forcément gagné du premier coup... Je m’interroge également sur leur capacité financière à faire face à ce choix d’évolution. En effet, un congé individuel de formation est financé au maximimum sur 12 mois à hauteur de 85% du salaire brut (c’est à dire sans les rimes et les diverses indeminités annexes) alors même que la formation dure à priori deux ans pour les heureux titulaires d’une licence (quid des assistantes sociales, des éducateurs, des infirmières...qui jusqu’alors pouvaient concourrir). Face à ce panel de candidats possibles, restent les salariés déjà diplômés bac+5, à priori cadres, désireux de se reconvertir. Accepteront-ils de perdre de leur pouvoir d’achat (cf grilles indiciaires des PE) et ce surtout s’ils viennenet du privé !

Ah, j’oubliais, les PE ont toutes les vacances scolaires et ils ne doivent travailler "que 26 heures par semaine" Que se passera t’il lorsque "ils" découvriront qu’enseigner est tout à fait différent du management d’équipes constituées bien souvent de personnels de même niveau. Qu’enseigner implique, de manière constante, à la fois des capacités de pédagogie mais aussi d’empathie à l’égard des jeunes, de leur famille. Qu’il ne s’agit pas de réciter une liste de connaissances mais de faire travailler ses méninges pour transmettre ces connaissances. Tout cela demande du temps de réflexion, de préparation non comptabilisé dans ces 26h. Tout cela demande de la constance dans l’effort, de la maîtrise de soi, de ses affects et donc la possibilité de prendre du recul , de se reposer. Car c’est bien de repos auquel je fais référence.

Un professeur des écoles stagiaire perçoit environ 1.500 EUR. En toute logique, il ne peut prendre ses vacances que pendant les vacances scolaires et donc à des périodes où les propositions de voyages discount diminuent considérablement. Au vu de ce salaire, pensez-vous sérieusement que les PE partent à chaque vacance ? Avez-vous fait l’expérience de rester chez vous pendant vos congés ? Avez vous considéré cela comme des vacances ou bien comme du repos, un break dans votre travail quotidien ? Pourquoi chaque été des associations mettent en avant le départ d’enfant dont les familles ne partent jamais en vacances ?

Pour conclure, irai-je jusqu’à dire que le métier de PE qui était souvent féminin, risque de devenir le propre de femmes hautement qualifiées dont le mari, cadre de profession, pourra financer "les fantaisies de formation de son épouse qu’il souhaite voir à la maison" ? Espérant que cet écrit nocture ne soit qu’un cauchemard et que le CRPE ne se transforme pas en un chemin risqué et plein d’embûches.

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