Retour sur la structure de la formation PE2
Avis de Anonyme (Professeur stagiaire en IUFM )
Publié le 30 juin 2009 sous la référence : 2220178
Demain s’achève l’année de PE2 et, comme on m’y a incité, je vous présente mon bilan à chaud sur la structure de la formation.
Je ne reviendrai pas sur l’intérêt d’avoir des formateurs d’horizon divers, comme l’a noté le collectif de Beauvais. Cependant le travail avec ces intervenants pourrait être plus riche et s’inscrire dans une démarche de projet en leur attribuant un véritable rôle de tuteur. J’ai noté que pour nombre d’entre eux, la répartition des tâches n’était ni clairement définie, ni correctement planifiée (enseignement en classe, formation à l’IUFM, rôle de référent et suivi individualisé...) Je souligne cependant qu’il est peut-être dommage que ces formateurs ne soient pas suivis dans leur propre travail et oublient de se remettre en question. Il me semble que c’est tout l’intérêt des inspections qui vont accompagner notre future carrière. Certain de nos formateurs ont obtenu un poste qu’ils semblent assimiler à une consécration et oublie parfois d’entrer dans une analyse de leur propre pratique.
Au niveau de la mise en ?uvre pédagogique, au moins sur le premier trimestre, il serait intéressant de pouvoir choisir, par très petit groupe, une séance ou séquence à monter sur un sujet commun, avec l’aide d’un formateur spécialiste de la discipline. Le retour de chacun sur ce qu’il a vécu serait alors plus riche et plus efficace que les rares retours et questionnements individuel lors des APP, avec un référent quasiment jamais spécialiste de la discipline, concernant des séances sur lesquels aucun autre membre du groupe n’a eu à réfléchir. Ce type d’atelier donnerait enfin tout son sens au stage filé qui est un véritable laboratoire permettant de revenir sur son travail d’une semaine sur l’autre. Le stage filé a donc pleinement son intérêt sur le premier trimestre. Il permet de prendre ses marques dans une classe, d’acquérir ses premiers réflexes et d’entrer progressivement dans une démarche d’analyse réflexive de sa pratique. En revanche, sa structure discrète et distendue par les vacances et les stages groupés lui fait perdre toute cohérence après Noël. En effet, nombre de stagiaires prenant confiance, souhaite entrer dans une démarche de projet nécessitant un minimum de suivi. Il semblerait pertinent de permettre aux stagiaires d’entrer plus souvent dans une pratique continue. La métamorphose de la fin du stage filé en un troisième stage groupé au cours des deuxième et troisième trimestres serait, à mon sens, une bonne idée.
D’autre part, avec mes dix ans de plus que la moyenne des stagiaires et mon expérience professionnelle dans le privé, j’ai noté un manque de recul et de connaissance du monde du travail chez nombre d’enseignants ou futurs enseignants. Une formation étalée un plus grand nombre d’année, proposant un véritable stage long, en entreprise permettrait de casser les a priori qui existent de part et d’autre de cette frontière imaginaire. Bien sûr, ce stage en entreprise présente une vraie gageure puisqu’il n’aurait de sens que si le stagiaire parvenait à trouver un poste de cadre ; et si le chef d’entreprise acceptait de prendre le risque d’accompagner un employé peu rentable
Ce bilan teinté d’utopie, ne prend en compte aucune contrainte ni d’évolution du recrutement, ni budgétaire. Mais peut-être y trouverez vous un petit quelque chose à exploiter.
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