Bac+5, objet d’un accord quasi unanime ?
Avis de Martine Bigot (Autre : Personnel administratif )
Publié le 26 juin 2009 sous la référence : 3200135
Alors donc, le « principe » Bac+5 « est l’objet d’un accord quasi unanime » ?
Qui sont les jeunes gens qui vont cheminer 5 années d’études et devenir enseignants ? De futurs maîtres, grandis dans les couches moyennes et supérieures, ayant en héritage une culture, une vision entre soi d’un monde où est éprouvé que les parents travaillent, la scolarité un long fleuve tranquille ?
Oublié, le fait que les élèves ont besoin de référent pour apprendre, se reconnaître, de se projeter dans l’adulte qui les accompagne dans leur scolarité ? Ouvléié que les têtes blondes de Neuilly ne forment pas le gros des troupes de la scolarité, pas encore les élèves des écoles privées ?
Bac+5 : les 11% d’étudiants issus des classes populaires ne feront pas beaucoup le poids dans les écoles, les collèges et les lycées.
Les hussards noirs de la république, issus de la paysannerie, les instituteurs des années 70, 80, recrutés par concours dès le Brevet, ou après bac avaient leur chance, leur place dans un métier, reconnus, reconnaissants.
On exclut de ce métier, pour lesquelles les qualités humaines ont une place centrale, les jeunes qui n’auront pas pu, par manque de moyens, par autocensure de classe, franchir un parcours par avance décourageant.
A Bac+5, une première embellie économique offrira aux nouveaux maîtres une reconversion vers d’autres carrières. Rendez-vous dans 10 ans : il n’y aura plus de « corps enseignant », mais un turn over de cadres.
C’est notre choix ?
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